Félicitations à Nebojsa Radojevic pour l’obtention du titre de PhD en management de HEC Montréal!

 

Nebojsa Radojevic a soutenu sa thèse de doctorat avec succès à HEC Montréal le 16 décembre 2015.

 

Titre de la thèse:

Essays on reverse innovation

Membres du jury:

M. Laurent Simon, HEC Montréal — Président-rapporteur
M. Patrick Cohendet, HEC Montréal — Directeur de recherche
M. Thierry Burger-Helmchen, Université de Strasbourg — Membre du jury
M. David Doloreux, Université d’Ottawa — Examinateur externe
M. Nicolas Papageorgiou a siégé au titre de représentant du Directeur de HEC Montréal

 

Résumé: L’innovation inverse souligne que les entreprises étrangères visant le potentiel d’affaires des pays émergents ont besoin d’innover spécifiquement pour répondre aux besoins et conditions du marché fondamentalement différents de celles des pays développés. Malgré une importance pratique et théorique d’innovation inverse, la littérature pertinente est relativement restreinte et caractérisée par l’absence partielle de rigueur théorique et méthodologique, les conceptualisations divergentes, les impacts non documentés sur les pays d’accueil les moins développés, et la compréhension prédominante de l’innovation inverse comme d’un processus fermé.
Par conséquent, l’objectif général de cette thèse a été de contribuer à remédier aux faiblesses et combler les lacunes dans la littérature existante sur l’innovation inverse. La thèse est composée de trois essais, dont chacun se rapporte à un niveau d’analyse différent. L’Essai A explore les impacts sociaux de l’innovation inverse sur le groupe socio-économique le plus pauvre en Inde. L’Essai B repositionne conceptuellement l’innovation inverse comme un phénomène à l’échelle d’une entreprise donnée, tandis que l’Essai C s’appuie sur les facteurs cognitifs pour expliquer les décisions des entreprises en ce qui concerne le processus d’innovation inverse.
Plus précisément, l’Essai A explore les affirmations que l’innovation inverse peut aider à résoudre les problèmes sociaux des pays émergents. Malgré certains avantages identifiés, l’essai ne trouve aucune preuve que l’innovation inverse amène à la prospérité et à la réduction de la pauvreté à grande échelle. Par conséquent, l’innovation inverse est en aucun cas un synonyme de la responsabilité sociale des entreprises. Si elles veulent vraiment résoudre les problèmes sociaux des pays émergents, les entreprises étrangères multinationales devraient se concentrer sur l’achat, plutôt que sur la vente aux pauvres, car cela peut contribuer à renforcer les capacités domestiques, ce qui conduira plus probablement vers la prospérité et la réduction de la pauvreté.
L’Essai B affirme que l’innovation inverse n’est pas exclusivement réservée aux grandes entreprises multinationales occidentales, ni aux pays d’accueil spécifiques ou des niveaux de développement particuliers. L’essai suggère plutôt que l’innovation inverse soit un phénomène au niveau d’un nouveau produit ou service qui est développé en contradiction avec la logique d’innovation dominante de l’entreprise donnée, c’est-à-dire pour un marché autrefois secondaire à l’étranger. L’innovation inverse devient alors un modèle adaptable à chaque entreprise, en ce qui concerne sa situation particulière et la réponse managériale.
Enfin, l’Essai C explique pourquoi les entreprises ont (ou n’ont pas) recours à des leviers externes d’innovation inverse tels que l’innovation ouverte, la coopération interorganisationnelle ou le capital de risque de l’entreprise. En analysant de trois cas de l’innovation inverse par les petites entreprises aux ressources limitées d’une économie à revenu intermédiaire, l’essai conclut que ces entreprises ont contre-intuitivement eu recours uniquement aux leviers externes compatibles avec le noyau d’autoévaluation des propriétaires-gérants. Par conséquent, pour les recherches futures sur le lien entre les caractéristiques individuelles des dirigeants et des choix stratégiques, en ce qui concerne le processus d’innovation, l’essai propose un cadre théorique fondé à la fois sur la théorie des échelons supérieurs, la théorie de noyau d’autoévaluation, et les théories de l’entretien de concept de soi.
Pris dans son ensemble, la thèse contribue à la tendance récente dans la littérature sur l’innovation inverse qui se caractérise par deux aspects : la grande pertinence pratique et la rigueur théorique et méthodologique.

Mots clés: Pays émergents; innovation inverse; bas de la pyramide; impacts sociaux de l’innovation; logique d’innovation dominante; capital de risque de l’entreprise; innovation ouverte; noyau d’autoévaluation; entretien de concept de soi.

Méthodes de recherche: Étude de cas multiples; recherche qualitative.